Exemples de réussite

Le pouvoir de la compassion :
un patient en soins intensifs assiste à la naissance de son neuvième enfant

Voici le témoignage du rabbin Yehuda Simes d’Ottawa.

« C’était une promenade ordinaire, sans histoire, jusqu’à ce que se produise l’imprévu, raconte le rabbin Yehuda Simes, décrivant l’accident survenu en juin 2010 quand un chevreuil s’est précipité devant la voiture familiale. Pour nous protéger, ma conjointe, Shaindel, a essayé de contourner l’animal, mais elle a perdu le contrôle de la voiture. »

Sept des huit enfants du couple se trouvaient alors à bord du véhicule avec le rabbin Simes et son épouse, qui était enceinte de sept mois.

Les enfants et Mme Simes s’en sont tirés avec des blessures mineures, mais le rabbin Simes a été écrasé contre le toit de la fourgonnette.

Il a d’abord été transporté par avion à l’hôpital le plus près, qui était aux États-Unis, pour y recevoir des traitements en traumatologie. Peu de temps après, il a été transféré plus près de chez lui, à L’Hôpital d’Ottawa (L’HO).

« Nous avons reçu l’appel nous demandant de préparer le transfert, se souvient Nancy McDonald, gestionnaire clinique de l’Unité des soins intensifs au Campus Général de L’HO. On s’est regardé, le Dr John Kim et moi-même, et on s’est dit qu’il fallait tout faire pour rapatrier cet homme. »

À l’arrivée du rabbin Simes, L’HO a rapidement assemblé son équipe de soins. Paralysé du cou aux pieds, le patient était dépendant du respirateur et avait besoin de soins complets. Les médecins, infirmières, thérapeutes respiratoires, ergothérapeutes, physiothérapeutes et autres membres du personnel se sont donnés pour mission de lui fournir les meilleurs soins possible.

Il ne fallait pas oublier que Mme Simes était enceinte. Une équipe de professionnels de L’HO est intervenue et a même pris des mesures pour veiller à ce que les traditions religieuses de la famille soient respectées en milieu clinique.

« Le personnel était très efficace et très rassurant », affirme Mme Simes.

On lui a remis un numéro de téléphone où elle pouvait appeler à tout moment si elle avait besoin de soutien. Lorsque les enfants ont pu voir leur père pour la première fois, L’HO a organisé une fête avec de la crème glacée pour l’occasion. « Nous connaissions tout le personnel par leur petit nom. Nous avions l’habitude de dire en riant que nos enfants s’amusaient trop à l’Unité de soins intensifs tant ils y avaient d’amis. »

C’est une chose d’organiser une fête avec de la crème glacée. C’en était une autre d’exaucer le souhait de la famille face à l’arrivée imminente de leur neuvième enfant.

Mme Simes a exprimé à quel point il était important que son mari soit présent à la naissance du bébé. L’HO n’a pas hésité : les membres de l’équipe savaient qu’ils allaient tout faire pour concrétiser ce souhait.

Tout d’abord, il fallait transférer les soins de Mme Simes du Campus Civic, où elle était soignée, au Campus Général, où son mari se trouvait aux soins intensifs.

Pour s’assurer que tout se déroule dans les conditions les plus sécuritaires, l’équipe de L’HO devait coordonner deux équipes d’experts : une pour s’occuper de Mme Simes pendant l’accouchement et une pour veiller à la qualité et à la sécurité des soins du rabbin Simes pendant son déplacement des soins intensifs jusqu’à l’Unité des naissances.

Nancy McDonald se souvient comment tout le monde a travaillé fort pour exaucer le vœu de la famille Simes.

« Nous avions même commencé à inclure M. et Mme Simes dans nos réunions à toutes les semaines pour qu’ils participent aussi à la planification de leurs soins. »

« Nous avions préparé un sac rempli de toutes les choses dont le rabbin aurait besoin », explique Julie Boulianne, thérapeute respiratoire. Les membres de l’équipe avaient aussi rassemblé à l’avance tout l’équipement requis afin de déplacer en toute sécurité le rabbin Simes d’une unité à l’autre aussitôt que s’amorcerait la période de travail de sa femme.

« Ce n’était pas différent de ce que nous aurions fait pour toute autre patiente », affirme Sharon Chothia, infirmière autorisée à l’Unité des naissances du Campus Général.

Mme Simes est arrivée à 3 h 50 du matin et a mis le bébé au monde à 4 h 30. Dans la courte période de temps, 40 minutes, que cela lui a pris pour accoucher, les membres du personnel de l’Unité des soins intensifs et de l’Unité des naissances ont bondi dans l’action afin de réaliser le souhait du couple.

Mme Simes déclare qu’elle n’oubliera jamais les dernières minutes de l’accouchement.

« Au moment où mon bébé s’apprêtait à naître, ils ont crié “Il s’en vient! Il s’en vient! Il est là!”, se rappelle-t-elle. Mon mari a été emmené dans la salle quelques moments, voire quelques secondes, avant l’arrivée de notre bébé. »

« J’ai été envahi d’une immense joie, raconte le rabbin Simes. C’était un véritable miracle. Ils avaient le bébé prêt pour moi. J’ai tenu dans mes bras cet enfant miracle et j’ai prononcé la bénédiction traditionnelle. Ce fut un moment absolument inouï. »